Quelle écriture pour les Médias Sociaux ?

Un sujet très intéressant lancé sur Linkedin par Isabelle Canivet. Le groupe de discussion sur la Rédaction Web n’a pas dégagé de réponse formelle, mais on peut retenir quelques réflexions intéressantes : y a-t-il une vraie différence entre la rédaction Web « traditionnelle » et l’écriture sur les médias sociaux ? Quelles peuvent-être les bonnes pratiques en écriture pour le Web Social ? Allez, on va essayer de donner un avis là-dessus en reprenant les meilleures interventions.

Le cas de Facebook et de Twitter

« Les réseaux sociaux (en particulier Facebook) requièrent-ils une écriture spécifique ? Community managers, rédacteurs, référenceurs et marketers : quel est votre avis? » Pour Marc Levasseur, les médias sociaux exigent globalement des « textes courts et directs, parfois racoleurs sans trop de nuances », en précisant que « les médias sociaux demeurent des outils de propagation instantanée et éphémère ».

Cédric Motte confirme : « les réseaux sociaux, par leurs pratiques, leurs codes et leurs règles du jeu, impliquent d’avoir une écriture particulière », prenant exemple sur l’incontournable « Twitter, avec sa contrainte de place ». On sera encore plus en phase avec lui lorsqu’il ajoute que « ce qui importe, c’est que le message soit suffisamment qualitatif pour sortir de ces réseaux ».

Savoir transmettre un message

La preuve avec cet article, qui fait écho à la discussion originellement publiée sur Linkedin ! La qualité du contenu, sa capacité à susciter la participation ou la recommandation (les professionnels du contenu et du référencement parlent notamment de « linkbaiting » pour la génération spontanée de backlinks) sont des fondamentaux pour l’écriture sur les Médias Sociaux.

Pour Antonin Cohen Adad, une bonne approche rédactionnelle sur un réseau comme Facebook consiste à avoir « une communication directe, décalée, franche, originale, sincère, etc. En gros ne surtout pas être politiquement correct, faire un peu de provocation, parler des coups de cœur / de gueules, etc. » Ce qui finalement rejoint le style d’écriture applicable au blogging.

Notez aussi la remarque de Jean Larock, qui explique que « sur Facebook, la longueur limite d’un billet est de 1000 caractères. Mais en pratique, il vaut mieux se limiter à 5 lignes, car le surplus est caché automatiquement et il faut cliquer sur un lien « lire plus » pour voir le reste. » Cela vaut pour les contenus et statuts postés sur Facebook, mais aussi sur YouTube et Slideshare (description latérale du contenu). Entre autres. Il faut donc, comme lorsqu’on « update » sur Twitter ou rédige un chapô d’article de blog, concentrer l’information-clé, le message central, dans un espace textuel restreint.

Enfin, malgré ce que certains pensent concernant Facebook, voyant éventuellement le réseau social comme une alternative au blog ou au site Web (article intéressant de Cédric Deniaud), je ne pense pas que la plateforme soit faite pour publier des contenus dépassant quelques centaines de caractères. Comme le dit Mickael Thomassin, « les plateformes sociales sont toutes différentes et leurs cibles/objectifs le sont aussi. » Il faut y chercher leur complémentarité en fonction du dispositif de communication, évidemment.

En conclusion

Résumons tout ça en quelques points. Comment qualifier l’écriture sur les médias sociaux, en s’accordant sur le fait qu’elle est protéiforme (masse de plateformes aux contraintes d’utilisabilité et de publication spécifiques) ?

• Succincte : se plie à des formats de plus en plus réduits.
• Conversationnelle : s’ouvre à l’audience pour générer des réactions.
• Informelle : non didactique, gagne en liberté et en spontanéité.
• Immédiate : s’inscrit dans un flux d’activité et de contenu, dans un contexte d’attention éphémère.
• Qualitative : apporte de la valeur à l’audience.
• Provocante : appelle aux émotions par l’humour, la prise de position, le contenu choc, etc.
• Référentielle : renvoie vers des contenus externes en n’en relayant que l’«angle» fort.
• Riche : vient en appui à du contenu vidéo, photo, son…
Maintenant que les bases sont posées, ce compte-rendu est ouvert aux critiques et enrichissements